Quand votre entreprise est incorporée, vous n'êtes plus payé comme un travailleur autonome : c'est votre société qui vous rémunère. Vous pouvez vous verser un salaire, des dividendes ou une combinaison des deux. Ce choix n'a pas de bonne réponse universelle. Il dépend de vos besoins de liquidités, de vos projets de retraite et de la situation de votre société.

Quelle est la différence entre un salaire et un dividende?

Un salaire est une dépense pour la société : il réduit son bénéfice imposable. Pour vous, il est imposé comme un revenu d'emploi, avec des retenues à la source et des cotisations sociales.

Un dividende est une distribution du bénéfice de la société, après impôt. Il n'est pas déductible pour la société, mais il est imposé moins lourdement au niveau personnel grâce au crédit d'impôt pour dividendes, qui tient compte de l'impôt déjà payé par la société.

En théorie, le système est conçu pour que le total d'impôt payé soit semblable dans les deux cas. En pratique, plusieurs autres éléments font pencher la balance.

Quels sont les avantages du salaire?

  • Droits de cotisation au REER : seul un revenu gagné comme un salaire crée des droits au REER.
  • Cotisations au Régime de rentes du Québec : elles coûtent cher aujourd'hui, mais elles donnent droit à une rente de retraite indexée et à certaines protections (invalidité, conjoint survivant).
  • Preuve de revenu stable : un salaire régulier avec des relevés 1 et T4 facilite souvent une demande de prêt hypothécaire.
  • Frais de garde et autres crédits : certains crédits et déductions personnels dépendent d'un revenu gagné.

En contrepartie, le salaire demande une gestion de la paie : retenues, remises mensuelles et relevés de fin d'année.

Quels sont les avantages des dividendes?

  • Simplicité administrative : pas de paie, pas de remises de retenues à la source.
  • Aucune cotisation au RRQ ni aux autres régimes sociaux sur ce revenu, donc plus de liquidités à court terme.
  • Souplesse : le montant et le moment du versement peuvent être ajustés selon les résultats de la société.

En contrepartie, les dividendes ne créent ni droits au REER ni rente du RRQ. Sur une longue période, il faut donc prévoir une autre façon d'épargner pour la retraite.

Pourquoi un mélange des deux est-il souvent envisagé?

Beaucoup de propriétaires de PME combinent les deux : un salaire suffisant pour atteindre leurs objectifs de REER, de RRQ ou de prêt hypothécaire, puis des dividendes pour le reste de leurs besoins. Ce dosage se recalcule chaque année, car les taux, les plafonds et votre situation changent.

Quels facteurs regarder avant de décider?

  1. Vos besoins personnels : combien devez-vous retirer de la société cette année?
  2. Vos projets à court terme : achat d'une maison, demande de financement, congé parental.
  3. Votre retraite : comptez-vous sur le REER, sur le RRQ, sur l'épargne laissée dans la société?
  4. Le bénéfice de la société : la déduction pour petite entreprise s'applique-t-elle à tout votre revenu?
  5. Votre famille : les règles sur le fractionnement du revenu encadrent strictement les dividendes versés au conjoint ou aux enfants.

Quand faut-il prendre la décision?

Idéalement avant la fin de l'année civile pour la rémunération personnelle, et avant la fin de l'exercice de la société pour les bonis. Un dividende est imposable dans l'année où il est versé; un boni inscrit aux livres doit être payé dans les délais prévus par les règles fiscales pour être déductible dans l'exercice.

Décider en avril, au moment de la déclaration, laisse beaucoup moins d'options.

Faire le bon choix pour votre situation

Le choix entre salaire et dividendes se modélise : votre CPA peut comparer plusieurs scénarios avec vos chiffres réels et vous montrer l'effet sur votre impôt, votre retraite et vos liquidités.

CompTeq accompagne les professionnels incorporés et les propriétaires de PME de Terrebonne, de Lanaudière et de la Rive-Nord dans la planification de leur rémunération. Prenez rendez-vous pour une première consultation sans frais.